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Rail et mobilité N°113

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Trois dynamiques structurantes traversent l’actualité ferroviaire de ce mois de septembre.

D’abord, le rail s’affirme plus que jamais comme une infrastructure stratégique et un enjeu de souveraineté. De l’Ukraine à Rail Baltica, des projets marocains au tunnel sous Gibraltar, les réseaux ferroviaires participent autant à la mobilité et au développement économique qu’à la sécurité des territoires et à leur intégration dans de nouveaux corridors internationaux.

Ensuite, la résilience devient un impératif majeur. Adaptation aux événements climatiques extrêmes, protection face aux sabotages et aux cyberattaques, modernisation des infrastructures vieillissantes : maintenir la continuité et la sécurité du service suppose désormais d’anticiper des risques multiples, tout en investissant durablement dans les réseaux.

Enfin, l’industrie ferroviaire cherche à changer d’échelle. Standardisation des matériels, trains à batteries ou à hydrogène, maintenance prédictive, recyclage des composants et montée en puissance de nouveaux opérateurs témoignent d’une même recherche : produire plus efficacement, décarboner davantage et absorber une demande ferroviaire croissante.

Au croisement de ces transformations, le rail apparaît de moins en moins comme un simple mode de transport : il devient une infrastructure de résilience, dont la performance industrielle, la sécurité et la capacité d’adaptation conditionnent directement la mobilité et la souveraineté des territoires.

L’actu de ce numéro

Dossiers

L’international

  • La Chine en a un qui peut foncer à 800 km/h, le Japon veut le sien à 60 milliards d'euros: les trains Maglev qui "flottent" au-dessus des rails vont-ils finir par remplacer nos bons vieux TGV ? La Chine et le Japon accélèrent sur les trains Maglev, capables de dépasser 500 km/h grâce à la sustentation magnétique, le Japon investissant notamment 60 milliards d’euros dans une ligne Tokyo-Osaka. Mais leur coût élevé, leur forte consommation énergétique et la nécessité d’infrastructures dédiées rendent, selon les experts cités, leur déploiement à grande échelle peu adapté à l’Europe face aux lignes à grande vitesse classiques.

  • "Face aux tensions géopolitiques, le train est un outil stratégique". Rail Baltica doit relier les pays baltes à la Pologne et au réseau ferroviaire européen standard, rompant ainsi leur dernière dépendance infrastructurelle envers le système russe et renforçant un axe jugé stratégique, notamment sur le plan militaire. Mais ce projet de près de 900 km, désormais estimé à 24 milliards d’euros, accumule retards et surcoûts, soulevant la question d’un financement européen supplémentaire.

  • L’ONCF prépare son architecture nationale de vidéosurveillance et d’intelligence artificielle à l’horizon 2030 pour 1,08 million de dirhams. Le futur dispositif doit définir les besoins, l’architecture technique et l’interconnexion des équipements de sûreté afin d’accompagner l’importante extension et modernisation du réseau ferroviaire marocain d’ici 2030. Cette transformation s’inscrit dans un programme de 96 milliards de dirhams couvrant notamment la LGV Kénitra-Marrakech, 168 nouvelles rames et la modernisation du réseau existant.

  • En Ukraine, faire rouler les trains, nerf de la guerre. Face aux frappes russes qui ont détruit ou endommagé des centaines de locomotives, l’Ukraine répare et remet en service du matériel ancien pour maintenir un réseau essentiel aux civils, au fret et à l’armée. En attendant 55 locomotives Alstom prévues à partir de 2027, l’industrie ferroviaire poursuit sa production malgré les attaques et les coupures d’électricité, avec notamment un projet d’usine souterraine à Kharkiv.

  • En Israël, un programme ferroviaire de grande ampleur : 17 Mds ILS. Le programme prévoit des lignes à grande vitesse jusqu’à 250 km/h reliant notamment Haïfa, Tel Aviv et Beer Sheva, avec un premier appel d’offres concernant la section Haïfa–Dor. Intégré au plan ferroviaire à l’horizon 2040, il vise une capacité de 300 millions de passagers par an afin d’accompagner la croissance démographique et le développement économique.

  • Tunnel Maroc-Espagne sous Gibraltar : une petite étude pour un projet ferroviaire géant. L’Espagne va analyser 125 échantillons rocheux afin de mieux évaluer les difficultés géologiques du tracé et préparer une éventuelle galerie exploratoire, dont la décision est attendue en 2027. Le projet, encore au stade des études, prévoit deux tubes ferroviaires pour voyageurs et marchandises entre l’Europe et l’Afrique, avec une éventuelle mise en service entre 2035 et 2040.

  • Une vague de sabotages a momentanément paralysé le réseau ferroviaire néerlandais mardi. Des objets placés volontairement sur les voies à une trentaine d’endroits ont fortement perturbé le trafic dans le centre et l’est des Pays-Bas, avant une reprise de la circulation dans l’après-midi. Une enquête est en cours pour identifier les responsables et leurs motivations, plusieurs pistes étant évoquées sans qu’aucune, y compris celle d’une implication russe, ne soit établie.

  • Liaison ferroviaire à grande vitesse vers le Portugal – C'est plus proche que vous ne le pensez. Renfe réoriente son expansion vers le Portugal, où elle entend exploiter des trains à grande vitesse et concurrencer CP notamment par la rapidité, le confort et la qualité de service. La future liaison Lisbonne-Madrid doit progressivement réduire le trajet jusqu’à environ trois heures, avec l’ambition à terme de mieux intégrer le Portugal au réseau ferroviaire à grande vitesse européen.

Régions

Entreprises

Et aussi..

  • Les gares-chalets, un patrimoine unique qui a façonné l'image pittoresque de la Suisse. Nées à l’âge d’or du chemin de fer, les gares-chalets ont contribué à façonner l’image pittoresque de la Suisse tout en valorisant le savoir-faire de ses charpentiers et en attirant les touristes étrangers. Encore nombreuses mais diversement reconverties ou modernisées, elles constituent aujourd’hui un patrimoine ferroviaire singulier, auquel une exposition à Finhaut (VS) est consacrée.

  • Le train du Puy du Fou va rouler pour de vrai en 2027 : six jours, 4 000 km et 42 voyageurs à bord. Après plusieurs reports liés à l’homologation des voitures, les premiers départs sont prévus en 2027, avec 42 voyageurs maximum pour un périple de six jours et 4 000 km. Conçu comme un spectacle itinérant avec des comédiens et un récit se poursuivant d’escale en escale, ce voyage haut de gamme sera proposé à partir de 8 450 euros (à peine ;) par personne.

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